Le Réveil à Ninive Avec Jonas

Les Réveils Dans la Bible : à Ninive Avec Jonas

Prédication de H. E. Alexander, 1950_04_06, églises AB Suisse

titre: Le Réveil à Ninive Avec Jonas , (écoutez/visualiser ci-dessus).

Résumé : Jonas et Daniel, deux hommes de l’Ancien Testament que le Seigneur a mentionnés dans son enseignement (cf. Luc 11 : 29-30 et Matthieu 24 : 15), ont été spécialement la cible des incrédules. Mon but n’est pas de m’arrêter sur ces théologiens qui ont semé le doute, mais de comprendre la leçon qui ressort du réveil à Ninive. Le livre de Jonas est l’un des plus insolites de l’Ancien Testament.

Le Réveil à Ninive Avec Jonas

En le lisant avec attention, nous sommes constamment étonnés. Jonas est un homme extraordinaire qui a vécu une expérience peu commune, et le fait qu’il y ait eu une action de l’Esprit de Dieu à Ninive est tout simplement miraculeux ! De ce récit se dégagent trois principes divins de toute importance, et je suis convaincu que c’est à cause de notre ignorance à leur endroit que nos prières ont si peu d’orientation biblique, d’autorité et d’efficacité spirituelles; ils nous donnent une clef pour discerner les temps dans lesquels nous vivons:

1. L’inexorable justice de Dieu
vis-à-vis des péchés des nations comme telles. Chacune, responsable de ses propres péchés, en rendra compte à Dieu et moissonnera ce qu’elle aura semé. Il y aura un jugement des nations (cf. Matthieu 25: 31-46 ) comme il y en aura un des individus (cf. Apocalypse 20: 11-15 ).

2. La miséricorde insondable de Dieu
envers les nations qui se repentent et envers les autorités qui honorent le Dieu des cieux. S’il y a repentance, la bénédiction suit immédiatement. Les autorités civiles qui respectent Dieu dans un pays sont bénies à leur tour, même si leurs représentants ne sont pas convertis.

3. La responsabilité individuelle des croyants
à l’égard du salut de leur nation par l’annonce de la Parole de Dieu. S’il y a engagement personnel cela n’exclut pas la tâche collective de l’Eglise envers le pays qui l’abrite. Aussi longtemps que le trône de la grâce est établi dans le ciel, le Saint-Esprit agit en grâce sur la terre, et Dieu peut retarder le jour du jugement final à cause des perdus, comme il raccourcira le temps du jugement à cause des élus (cf. Matthieu 24: 22 ).

Certains chrétiens sont tellement préoccupés par le retour de Christ que l’idée même que Dieu peut encore réveiller une nation n’atteint pas leurs pensées. Ils sont si remplis de dogmes et de schémas quant à ce retour qu’ils n’ont aucune notion de la bénédiction que Dieu peut encore accorder à son Eglise. La lecture du livre de Jonas, avec le commentaire du Seigneur Jésus-Christ, nous révèle trois lois fondamentales :

  1. Dieu ne peut ni bénir, ni employer ses serviteurs en dehors de l’obéissance.
  2. Il n’y a aucun espoir pour les hommes en dehors de la repentance.
  3. La manifestation de la puissance divine passe par la prédication de la croix et de la résurrection de Christ.

1. Pas de bénédiction en dehors de l’obéissance

Plus on lit et on médite ce texte, plus on y découvre des richesses. Les quatre questions posées par les marinier, au prophète en fuite sont inspirantes :

  • Quelle est ton occupation ? (cf Jonas 1 : 8 ). La question est simple et la réponse aussi car c’est dans la vie quotidienne que la foi vivante se manifeste. A la maison, au bureau, à la fabrique, à l’usine ou dans les champs; dans l’étude, à l’armée ou dans le service de Dieu. Notre génération veut voir le signe de l’obéissance dans nos activités parce que c’est là que Dieu veut accorder la repentance et sauver des âmes. C’est pourquoi tournant le dos à tout égoïsme, il faut témoigner de la puissance de la résurrection et annoncer le message de Dieu !
  • D’où viens-tu ? (1 : 8). C’est l’Ecriture qui répond : “Ecoutez-moi, vous qui poursuivez la justice, qui cherchez l’Eternel ! Portez les regards sur le rocher d’où vous avez été taillés, sur le creux de la fosse d’où vous avez été tirés” (Esaïe 51 : 1 ). “C’est là ce que vous étiez, quelques-uns d’entre vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ, et par l’Esprit de notre Dieu” (1 Corinthiens 6 : 11 . Puisque c’est de là que nous venons, ne sauvera-t-il pas les autres aussi ? Cela dépend de vous et de moi. Voulons-nous obéir ? Il y a de quoi nous troubler profondément lorsque nous pensons d’où le Seigneur nous a tirés et sauvés par grâce, et avec quelle nonchalance et indifférence nous laissons un grand nombre de personnes errer sans Dieu. Cette incapacité de souffrir prouve que nous ne sommes pas meilleurs que Jonas, et que nous ne le dépassons pas !
  • Quel est ton pays ? (1 : 8). La plupart d’entre nous jouissons de la liberté d’expression et de la prospérité matérielle. Nos villes ne sont pas toutes détruites et nos familles non plus, mais il ne faut pas oublier que d’autres n’ont pas ces privilèges. Cependant, la société avec ses richesses actuelles ressemble de plus en plus à la grande ville de Ninive. Et nous là au milieu ? Allons-nous continuer d’avoir les mêmes sentiments que Jonas ? Fuir, dormir ou afficher une complète indifférence ?
  • Quel est ton peuple ? (cf. 1 : 8). A quelle partie du peuple de Dieu appartenons-nous ? Quelle est notre Œuvre et quelle est notre Eglise ? Pensons à leur origine, à la bénédiction du début lorsque Dieu les a suscitées. Est-ce que nous en sommes encore dignes, est-ce que nous en maintenons le niveau ? Sommes-nous vraiment réformés par la Parole de Dieu aujourd’hui ? Ou alors sommes-nous passés de la force à la forme, vivons-nous de théories ? J’insiste… faisons-nous valoir ce que nous possédons en Jésus-Christ, donnons-nous aux autres ce que nous avons ou bien, abrités derrière une réputation, fuyons-nous loin de la présence de Dieu, égoïstes, propres justes comme Jonas ? Faut-il la tempête pour nous réveiller, le miracle pour nous arrêter ?

2. Aucun espoir en dehors de la repentance

D’abord quelques mots au sujet de Ninive pour mieux comprendre la grande oeuvre qui s’y est opérée. Premier type d’Antéchrist, Nimrod est à l’origine de Ninive (cf. Genèse 10: 8-11 ). Appelé “vaillant chasseur devant l’Eternel” (cf. v. 9), il n’a été en fait qu’un rebelle et un tyran. La Bible emploie cinq fois l’expression la grande villeà propos de Ninive (cf. Genèse 10: 12 ; Jonas 1 : 2 ; 3: 2; 3: 3; 4: 11). Il est intéressant de lire dans le livre de Daniel que Nébucadnetsar vit un grand arbre où les oiseaux du ciel avaient leur nid (Daniel 4: 12 ), et qu’en Matthieu 13: 31-32 nous avons la parabole du grain de sénevé devenu un grand arbre où les oiseaux du ciel nichaient. Cet arbre et les oiseaux symbolisent le développement du mal dans le monde de la chrétienté. Le livre de l’Apocalypse nous dépeint la perversité atteignant son comble dans l’expression : “Babylone la grande, la mère des prostituées et des abominations de la terre” (Apocalypse 17: 5 ). Ninive, comme Babylone, représente tout ce qui est corrompu, puissant et opposé à Dieu.

  • A Ninive habitait Sanchérib, le roi des Assyriens, ennemi de Dieu et de son peuple. Le livre de Jonas nous dit qu’à cette époque la méchanceté de la ville était montée jusqu’à la demeure de Dieu (cf. 1 : 2). Nous trouvons cette expression trois fois dans l’Ecriture, en Genèse 18: 20-21 pour Sodome et Gomorrhe, en Jonas 1:2 pour Ninive, et en Apocalypse 18 : 5 pour Babylone. Comme on peut le constater, il ne s’agit pas d’une simple méchanceté, mais d’un état de révolte tel, qu’il s’accumule jusqu’au ciel. Chaque fois que nous lisons cela dans l’Ecriture, le jugement suit immédiatement. Ninive est l’une des trois villes – avec Tyr et Sidon (cf. Matthieu 11 : 21 et Luc 11 : 32 ) – mentionnées par le Seigneur Jésus comme avertissement pour notre génération.
  • A Ninive, Jonas a prêché la miséricorde divine au milieu des avertissements les plus sévères. Nous le lisons en Jonas 4: 2 : “Je savais que tu es un Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et qui te repens du mal”. Un siècle plus tard, quand Nahum a annoncé la destruction de Ninive, le jugement est tombé effectivement. Néanmoins, le prophète a coupé subitement son message avec cette parole d’espoir : “Voici sur les montagnes les pieds du messager qui annonce la paix !” (Nahum 2 : 1 ). Il y avait encore place pour la repentance !
  • A Ninive, nous avons la démonstration de la miséricorde de Dieu. N’oublions pas la parole d’Ezéchiel : “Je suis vivant ! dit le Seigneur l’Eternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive” (33: 11). Les Ninivites se repentirent et Dieu fit grâce, ne fût-ce qu’à cause des cent vingt mille hommes qui n’avaient plus de point de repère quant au bien et au mal (cf. Jonas 4: 11 ).
  • A Ninive, il y eut un serviteur de Dieu, un Jonas repentant et obéissantpour annoncer la Parole de Dieu. Ainsi, lorsque la Parole est annoncée avec puissance, elle crée un grand besoin auquel elle répond. Voilà pourquoi les habitants de Ninive se repentirent. Si nous sommes muets, ce miracle ne se fera pas. Quittons Ninive un instant pour nous juger nous-mêmes : où est l’esprit de repentance dans notre Eglise, dans notre Œuvre ? Où sont les chrétiens qui se frappent la poitrine, qui s’arrêtent dans leur vie et leur service pour chercher la face de Dieu ? Où sont les coeurs touchés, les consciences exercées par le Saint-Esprit, et où sont ceux qui commencent à souffrir pour le monde perdu au lieu de le condamner ? L’Eglise ne peut pas se repentir si ses membres ne se repentent pas, et la nation ne peut pas se repentir si l’Eglise ne se repent pas. Mais si les croyants sont sensibles à la voix de l’Esprit et changent d’attitude, aucune frontière ne pourra retenir la bénédiction. La puissance de Dieu est toujours plus grande que le mal le plus profond, au point qu’un réveil peut éclater de façon inattendue. Que Dieu nous délivre de tout pessimisme fatal et de toute indécision pesante.

Je reviens au prophète dont l’histoire nous concerne directement.

  • Jonas avait une vocation précise (cf. Jonas 1 : 1-2 ) ; il était de la tribu de Zabulon à laquelle s’attachait cette promesse : “Réjouis-toi, Zabulon, dans tes courses, et toi Issacar, dans tes tentes ! Ils appelleront les peuples sur la montagne; là ils offriront des sacrifices de justice, car ils suceront l’abondance de la mer et les trésors cachés dans le sable” (Deutéronome 33: 18-19).
  • Jonas fut appelé une seconde fois (cf. Jonas 3 : 1 ); lisons attentivement ce récit et reconnaissons combien le cas de Jonas fait réfléchir. Dieu nous a appelés une fois, mais avons-nous répondu pleinement, agissons-nous ? Il y a des chrétiens qui traversent des tempêtes et qui passent par des naufrages, ils fuient devant l’Eternel, mais Dieu qui a appelé Jonas une seconde fois, veut aussi les rappeler. Répondrons-nous aujourd’hui ? Il est effrayant de constater combien nous pouvons nous habituer aux paroles d’engagement d’un cantique ou d’une prière et rester stationnaires.
  • Jonas prie l’Eternel son Dieu lorsqu’il est dans le ventre du gros poisson : “Pour moi, je t’offrirai des sacrifices avec un cri d’actions de grâces, j’accomplirai les veux que j’ai faits: Le salut vient de l’Eternel” (Jonas 2 : 10 ). Dans l’épreuve et le châtiment dus à sa désobéissance, il se réveille à la réalité et, rejeté sur le sable, il retrouve la communion avec son Seigneur, le privilège d’être son messager. Transformé par cette étrange expérience qui représente en quelque sorte la mort et la résurrection avec Christ (cf. Romains 6 : 1-11 ), il part pour accomplir la mission urgente auprès de cette multitude prête à bénéficier de la miséricorde de Dieu.

3. Pas de puissance divine en dehors de la croix

Ce court livre est d’une richesse très spéciale. Si Dieu veut épargner la ville de Ninive, il n’épargne pas son enfant désobéissant. Trois fois dans ce livre il est dit que Jonas “fuyait loin de la face de l’Eternel” (cf. Jonas 1 : 3 et 10).

  • S’il fuit, c’est à cause de son égoïsme et de son nationalisme. C’est au commencement du chapitre 4 que le prophète se dévoile comme propre juste et montre le fond de son coeur. Il est fort en colère parce que Dieu a fait miséricorde à ces païens. Il rappelle qu’il a préféré fuir plutôt que d’annoncer le jugement. Au moment même où Dieu fait grâce à Ninive, il demande de mourir ! Le message que Dieu lui a confié ne s’accorde pas du tout avec ses conceptions théologiques, si exactes et orthodoxes soient- elles ? L’attitude de Dieu ne correspond pas non plus à ses idées religieuses. Dur pour les Ninivites repentis, il fait preuve de sensiblerie pour un arbuste. Il ne manifeste de la joie que pour un soulagement personnel et physique. Dieu le reprend sévèrement. Quel avertissement pour nous ! Le monde est prêt pour le réveil, mais les croyants ne le sont pas. Ils freinent l’oeuvre de Dieu par leurs conceptions étroites, leurs dogmes chéris, leurs habitudes ancrées.
  • S’il fuit, le monde s’interroge : “Pourquoi as-tu fait cela ?” (Jonas 1 : 10 ). Les incroyants perçoivent la désobéissance des chrétiens plus qu’on ne le croit. Nous ressemblons tellement à Jonas : déserteurs, dormeurs et inconscients, alors que le jugement est à la porte et plane sur le monde.
  • S’il fuit, Dieu lui barre le chemin et ses plans échouent. Il est la cause de la tempête qui menace la vie des autres comme de ses propres malheurs. Que de fuyards dans l’Eglise de Dieu où il est facile d’être zélé pour toutes sortes d’activités au lieu d’être et de faire ce que Dieu demande ! Que de tempêtes parmi les chrétiens causées par un “Jonas en fuite”. Que de divisions produites par une désobéissance à Dieu.
  • S’il fuit, Dieu le retrouve dans une circonstance extraordinaire, dans le ventre du poisson ! Le réveil de Jonas a précédé le réveil des Ninivites.Identifié à Jésus-Christ dans sa mort et sa résurrection, il a été en bénédiction aux hommes.

En conclusion, l’Esprit de Dieu nous a montré d’abord un Jonas endormi, puis un Jonas secoué et enfin un Jonas réveillé. A la suite de sa rencontre avec Dieu sous les eaux et dans la nuit, Jonas a pu être un signe pour une grande métropole païenne avec le résultat suivant : “Les gens de Ninive crurent à Dieu… depuis les plus grands jusqu’aux plus petits… Qu’ils crient à Dieu avec force, et qu’ils reviennent tous de leur mauvaise voie et des actes de violence dont leurs mains sont coupables… Dieu vit qu’ils agissaient ainsi et qu’ils revenaient de leur mauvaise voie. Alors Dieu se repentit du mal qu’il avait résolu de leur faire et il ne le fit pas” (Jonas 3 : 5-10 ).